La quotité d’assurance emprunteur désigne le pourcentage du capital emprunté couvert par l’assurance pour chaque co-emprunteur. Lors d’un achat immobilier à deux, ce pourcentage détermine la part du prêt que l’assureur prendra en charge en cas de décès, d’invalidité ou de perte d’autonomie de l’un des emprunteurs. La somme des quotités doit atteindre au minimum 100 %, mais peut aller jusqu’à 200 % pour une protection maximale du foyer.
Ce choix a un impact direct sur trois éléments : le montant des cotisations, le niveau de protection du co-emprunteur survivant et, depuis la loi Lemoine, l’accès à la suppression du questionnaire de santé. Autant de raisons de ne pas valider la répartition par défaut proposée par la banque sans l’avoir examinée.
Seuil de 200 000 euros et quotité : un lien que peu de co-emprunteurs anticipent
La loi Lemoine a introduit la suppression du questionnaire de santé pour les prêts dont la part assurée ne dépasse pas 200 000 euros par personne, à condition que le remboursement intervienne avant un certain âge. Ce seuil ne s’apprécie pas sur le montant total du crédit, mais sur la part de capital effectivement couverte par chaque assuré.
Prenons un prêt de 350 000 euros souscrit à deux. Avec une répartition 50/50, chaque co-emprunteur est assuré sur 175 000 euros, ce qui reste sous le seuil. Avec une couverture 100/100, chacun est assuré sur 350 000 euros et dépasse le plafond, ce qui réactive l’obligation de remplir un questionnaire médical.
Ce mécanisme a une conséquence souvent ignorée : les encours d’assurance de crédits déjà en cours se cumulent. Un co-emprunteur qui détient un prêt antérieur encore assuré voit sa marge sous le seuil se réduire. Avant de fixer la quotité du nouveau crédit, il faut additionner l’ensemble des capitaux assurés par personne.

Quotité d’assurance et écart de revenus : la répartition au cas par cas
La répartition la plus fréquente, 50/50, fonctionne quand les deux co-emprunteurs ont des revenus comparables. En cas de sinistre touchant l’un d’eux, l’assureur rembourse la moitié du capital restant dû. Le survivant conserve l’autre moitié à sa charge.
Répartition asymétrique selon les revenus
Lorsqu’un co-emprunteur génère une part nettement supérieure des revenus du foyer, une répartition 60/40 ou 70/30 protège mieux le ménage. L’emprunteur qui gagne le plus porte la quotité la plus élevée. En cas de décès ou d’invalidité de cette personne, l’assurance couvre une part plus large du prêt, ce qui évite au survivant de se retrouver avec des mensualités disproportionnées par rapport à ses propres revenus.
Les critères à évaluer avant de fixer la répartition :
- L’écart de revenus nets entre les deux co-emprunteurs, en tenant compte des revenus variables (primes, commissions) qui disparaissent en cas d’arrêt de travail.
- La stabilité professionnelle de chacun : un fonctionnaire et un indépendant n’ont pas le même risque de perte de revenus prolongée.
- Les charges fixes du foyer hors crédit immobilier (autres crédits, pensions, loyers versés pour un bien locatif).
- Le patrimoine personnel de chacun, qui peut servir de filet de sécurité si la couverture ne prend en charge qu’une partie du capital.
Couverture 100/100 : la protection la plus complète
Avec une quotité de 100 % sur chaque tête, l’intégralité du capital restant dû est remboursée en cas de décès ou d’invalidité de l’un des deux co-emprunteurs. Le survivant n’a plus rien à rembourser.
Cette option a un coût : la prime d’assurance augmente significativement par rapport à une répartition dont la somme ne dépasse pas 100 %. Le surcoût dépend de l’âge, de l’état de santé et du type de contrat, mais il représente généralement une hausse notable des cotisations mensuelles sur toute la durée du prêt.
Coût de l’assurance emprunteur selon la quotité choisie
Le montant de la cotisation d’assurance est calculé sur la base du capital assuré par personne. Plus la quotité individuelle est élevée, plus la prime augmente. À profil identique, un co-emprunteur assuré à 100 % paie environ le double de celui assuré à 50 %.
Plusieurs facteurs influencent le tarif final en dehors de la quotité :
- L’âge de chaque co-emprunteur au moment de la souscription (les tarifs augmentent sensiblement après 40-45 ans).
- Le statut fumeur ou non-fumeur, qui peut faire varier le taux d’assurance de manière significative.
- La durée du prêt : plus elle est longue, plus le coût total de l’assurance pèse dans le financement.
- Le type de contrat choisi : contrat groupe de la banque ou délégation d’assurance auprès d’un assureur externe, cette dernière offrant souvent des tarifs plus compétitifs à garanties équivalentes.
La délégation d’assurance, facilitée par la loi Lemoine qui permet de changer de contrat à tout moment sans frais, constitue un levier pour réduire le coût global tout en conservant la répartition de quotité souhaitée.

Modifier la quotité d’assurance en cours de prêt
Un changement de situation personnelle (divorce, séparation, évolution des revenus, départ à la retraite anticipé) peut rendre la répartition initiale inadaptée. La modification de la quotité est possible, mais elle n’est pas automatique.
Changement d’assureur et révision de la quotité
Depuis la loi Lemoine, la substitution d’assurance emprunteur est possible à tout moment et sans frais. Ce changement peut être l’occasion de revoir la répartition des quotités. Le nouveau contrat doit toutefois respecter l’équivalence de garanties exigée par la banque prêteuse. La banque conserve un droit de contrôle sur ce point et peut refuser un contrat qui ne couvre pas les mêmes risques.
En pratique, la banque dispose de dix jours ouvrés pour accepter ou refuser le nouveau contrat. Un refus doit être motivé par écrit et porter exclusivement sur un défaut d’équivalence de garanties, pas sur le choix de la quotité en lui-même, tant que le minimum de 100 % cumulés est respecté.
Pièges à éviter lors d’une modification
Réduire la quotité d’un co-emprunteur pour baisser les cotisations expose le foyer en cas de sinistre. Si la quotité de l’emprunteur principal passe de 70 % à 50 %, le capital non couvert augmente d’autant. Cette économie mensuelle peut se transformer en charge lourde pour le survivant.
Autre point de vigilance : en cas de divorce, le co-emprunteur qui conserve le bien doit vérifier que sa quotité couvre l’intégralité du capital restant dû. Si le prêt n’est pas soldé ni désolidarisé, les deux ex-conjoints restent engagés. La quotité initiale, pensée pour un foyer commun, ne correspond plus à la réalité financière de chacun.
Quotité et achat immobilier entre non-mariés : une protection renforcée
Les co-emprunteurs non mariés et non pacsés ne bénéficient pas de la protection successorale du conjoint survivant. En cas de décès de l’un d’eux, le survivant peut se retrouver à devoir rembourser sa part du prêt tout en faisant face à des droits de succession élevés sur le bien.
Pour ces profils, une quotité élevée sur chaque tête (80/80, voire 100/100) compense l’absence de protection légale. Le surcoût d’assurance se justifie par le risque financier réel auquel le survivant serait exposé sans couverture suffisante.
Le choix de la quotité ne remplace pas les protections juridiques complémentaires (clause de rachat dans la SCI, testament, assurance décès croisée), mais il constitue le premier niveau de sécurité du montage financier.
La quotité d’assurance emprunteur se décide en fonction d’une situation précise, pas d’une règle générale. Un formulaire de demande de devis gratuit est disponible juste en dessous : en le remplissant, un professionnel pourra analyser votre situation et vous rappeler pour vous proposer la répartition la mieux adaptée à votre projet.