Le minimum garantie 2025, ou plus exactement le minimum garanti (MG), valait 4,22 € de l’heure toute l’année 2025. Il est passé à 4,25 € au 1er janvier 2026, puis à 4,35 € au 1er juin 2026, et c’est cette dernière valeur qui s’applique aujourd’hui. Il sert surtout à évaluer l’avantage en nature nourriture d’un salarié nourri par son employeur, en particulier dans les hôtels, cafés et restaurants.
Montant du minimum garanti en 2025 et en 2026
La valeur de 2025 vient du décret n° 2024-951 du 23 octobre 2024, publié au Journal officiel du 24 octobre. Il a porté le MG à 4,22 € au 1er novembre 2024, contre 4,15 € depuis le 1er janvier 2024. Aucune revalorisation n’est intervenue ensuite avant le 1er janvier 2026.
| Date d’effet | Montant horaire | Texte de référence |
|---|---|---|
| 1er janvier 2024 | 4,15 € | revalorisation annuelle |
| 1er novembre 2024 | 4,22 € | décret n° 2024-951 du 23 octobre 2024 |
| 1er janvier 2026 | 4,25 € | revalorisation de début d’année |
| 1er juin 2026 | 4,35 € | arrêté du 22 mai 2026 (JO du 24 mai) |
Pour une fiche de paie établie aujourd’hui, la valeur à retenir est donc 4,35 €. Celle de 4,22 € ne vaut que pour les périodes de paie de 2025.
Minimum garanti et Smic : deux références différentes
Le minimum garanti n’est pas un salaire minimum. C’est une unité de calcul qui sert à chiffrer des avantages et certaines indemnités, alors que le Smic fixe la rémunération horaire plancher d’un salarié. Les deux sont relevés à des dates proches, ce qui entretient la confusion, mais ils ne se substituent jamais l’un à l’autre.
Cette distinction compte dès qu’on raisonne en net. Pour mesurer ce que devient un revenu une fois les droits calculés, l’exemple de l’allocation chômage calculée à partir d’un salaire net montre qu’on part du salaire, pas du MG. D’autres pays ne connaissent d’ailleurs pas cette double référence, comme le montre le salaire minimum marocain, fixé selon d’autres règles.
Calculer l’avantage nourriture d’un salarié nourri
Lorsqu’un employeur fournit les repas, leur valeur s’ajoute au salaire brut pour le calcul des cotisations, puis se retranche du net à payer. Deux méthodes existent : le forfait fixé par l’Urssaf pour le cas général, et l’évaluation propre aux hôtels, cafés et restaurants, qui prend le minimum garanti comme base.

Concrètement, le calcul se fait en trois temps :
- compter le nombre de repas réellement fournis sur le mois, en distinguant le déjeuner et le dîner ;
- multiplier ce nombre par la valeur d’un repas, qui dépend du régime applicable à l’entreprise et de la valeur du MG en vigueur à la date de chaque repas ;
- faire figurer le total en avantage en nature sur la fiche de paie, puis le déduire du net.
Si le MG change en cours de mois, comme en juin 2026, les repas d’avant et d’après la revalorisation ne se valorisent pas au même montant. La date du repas fixe la valeur retenue, pas celle du bulletin.
Hôtels, cafés, restaurants : repas fourni et fiche de paie
Dans la restauration, l’avantage nourriture est le cas le plus courant, puisque les salariés mangent souvent sur leur lieu de travail. Le secteur dispose d’un régime dérogatoire qui s’appuie sur le minimum garanti plutôt que sur le forfait général.

Sur le bulletin, la ligne d’avantage nourriture apparaît dans le brut soumis à cotisations, puis en déduction dans le net. Le détail du nombre de repas ouvrant droit à cet avantage, et les cas où une indemnité remplace le repas, dépendent de la convention collective de l’entreprise : la lire avant de paramétrer la paie évite les régularisations.
Comment le minimum garanti est revalorisé
Le MG est indexé sur l’évolution des prix : sa valeur suit l’inflation, et non les salaires. Ces dernières années, il a été relevé à des dates qui coïncident avec les hausses du Smic. Le décret d’octobre 2024 et l’arrêté de mai 2026 en sont deux exemples.
Pour l’employeur, chaque revalorisation impose de mettre à jour le logiciel de paie à la date d’effet indiquée dans le texte officiel. Oublier cette étape fausse l’avantage en nature de tous les salariés nourris, sur autant de bulletins que de mois d’oubli.
Qui doit appliquer le minimum garanti
Sont concernés les employeurs du secteur hôtels, cafés, restaurants, ainsi que toute entreprise qui nourrit ses salariés et doit en chiffrer l’avantage. Les artisans employeurs sont dans le même cas dès qu’ils fournissent un repas. Leurs obligations de paie s’ajoutent à celles qui encadrent leur activité, comme l’assurance décennale obligatoire des artisans du bâtiment.
Deux erreurs reviennent souvent : laisser l’ancienne valeur du MG dans la paie après une revalorisation, et confondre le régime du minimum garanti avec le forfait général de l’Urssaf. Dans les deux cas, les cotisations sont calculées sur une base fausse, ce qui expose l’employeur à un redressement lors d’un contrôle.
Avant la prochaine paie, la vérification tient en une ligne : la valeur du MG saisie dans le logiciel doit correspondre au dernier texte publié au Journal officiel, soit 4,35 € depuis le 1er juin 2026.